Carnets de l'Economie

Stellantis et le scandale des airbags Takata : l’UFC-Que Choisir passe à l’offensive




Anton Kunin
23/01/2025

Face à la gestion jugée chaotique des airbags défectueux Takata, l’UFC-Que Choisir a porté plainte contre Stellantis. L’association dénonce des pratiques commerciales trompeuses et exige une indemnisation des consommateurs, tout en appelant à une commission d’enquête parlementaire pour faire la lumière sur les responsabilités.


Airbags défectueux : Takata accusé de « pratiques commerciales trompeuses » et de « tromperie aggravée »

Depuis plusieurs années, le scandale des airbags Takata secoue l’industrie automobile mondiale. En France, 15 décès liés à ces dispositifs défectueux ont été recensés, dont 14 en outre-mer, où les mesures de rappel ont tardé. L’UFC-Que Choisir, outrée par les lenteurs et incohérences des rappels effectués par Stellantis, a déposé plainte auprès de la procureure de la République de Versailles. Le constructeur est accusé de « pratiques commerciales trompeuses », de « tromperie aggravée » et de « mise en danger délibérée de la vie d’autrui ».

Le groupe Stellantis, qui a dans son giron Citroën notamment, est visé pour son retard dans le lancement des rappels et l’absence de mesures cohérentes pour protéger les consommateurs. Par exemple, il a fallu attendre mai 2023 pour qu’un « stop drive » soit imposé en outre-mer, et ce, après plusieurs décès. En métropole, les premières campagnes de rappel, également précipitées et mal organisées, n’ont démarré qu’après deux accidents supplémentaires. Ces retards ont laissé des milliers de propriétaires de véhicules dans une situation intenable, sans solutions de mobilité adaptées.

L’indemnisation des consommateurs et la nécessité d’une enquête parlementaire

Au-delà des rappels techniques, l’UFC-Que Choisir exige l’indemnisation immédiate des propriétaires victimes. Elle estime que les consommateurs, dont les véhicules ont été immobilisés pendant des mois, subissent des préjudices liés non seulement à l'inaction de Stellantis, mais aussi à l'absence d'accompagnement des autorités publiques. Cependant, Citroën n’a jusqu’à présent pris aucune mesure pour dédommager les automobilistes affectés, malgré les pressions de l’association.

Pour clarifier les zones d’ombre entourant ce scandale, l’UFC-Que Choisir appelle également les parlementaires à créer une commission d’enquête transversale. Cette dernière permettrait de déterminer pourquoi les airbags Takata, pourtant reconnus défectueux depuis 2016 aux États-Unis, ont continué à être installés dans des véhicules en Europe. Elle viserait aussi à examiner le rôle des pouvoirs publics, qui n’ont imposé de campagnes de rappel qu’à partir de 2023, bien après les premiers décès.

L’affaire des airbags Takata constitue ainsi un cas emblématique des défaillances industrielles et institutionnelles, où les consommateurs se retrouvent pris en étau entre les négligences des constructeurs et l’inaction des autorités.


Tags : Stellantis








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