Droits de douane sur le cuivre : une décision fondée sur la sécurité nationale
Le 25 février 2025, le président Donald Trump a signé un décret exécutif activant la section 232 du Trade Expansion Act de 1962, qui permet une évaluation de l’impact des importations sur la sécurité des États-Unis. Le texte mentionne explicitement que le cuivre, sous toutes ses formes (brut, alliages, raffiné, déchets), est un matériau essentiel au bon fonctionnement des infrastructures, des systèmes de défense, des technologies énergétiques et de l’électronique.
Ce décret confie au Secrétaire au commerce la mission d’évaluer la vulnérabilité de la chaîne d’approvisionnement et de formuler des recommandations sous 270 jours, incluant la possibilité de tarifs douaniers, de quotas ou d’incitations fiscales.
Ce décret confie au Secrétaire au commerce la mission d’évaluer la vulnérabilité de la chaîne d’approvisionnement et de formuler des recommandations sous 270 jours, incluant la possibilité de tarifs douaniers, de quotas ou d’incitations fiscales.
Une anticipation qui secoue le marché
L’effet immédiat sur le marché du cuivre ne s’est pas fait attendre. À la London Metal Exchange (LME), la tonne a atteint 9 925 dollars, alors que le contrat COMEX coté à New York a dépassé temporairement les 10 000 dollars, un sommet de cinq ans. Le différentiel entre les deux marchés, souvent utilisé comme indicateur de stress logistique, a franchi le seuil des 1 400 dollars par tonne, témoignant d’une tension sans précédent.
Derrière cette flambée, les opérateurs ont précipité les expéditions vers les États-Unis. D’après les estimations de Mercuria, environ 500 000 tonnes de cuivre sont actuellement en transit, soit plus de sept fois la moyenne mensuelle habituelle. Cette ruée traduit une volonté d’anticiper la mise en œuvre de tarifs pouvant atteindre 25 % dès cette année 2025, comme l’ont évoqué des sources proches de l’administration dans Bloomberg.
Derrière cette flambée, les opérateurs ont précipité les expéditions vers les États-Unis. D’après les estimations de Mercuria, environ 500 000 tonnes de cuivre sont actuellement en transit, soit plus de sept fois la moyenne mensuelle habituelle. Cette ruée traduit une volonté d’anticiper la mise en œuvre de tarifs pouvant atteindre 25 % dès cette année 2025, comme l’ont évoqué des sources proches de l’administration dans Bloomberg.
Un repositionnement stratégique pour les industriels
L’objectif affiché par l’exécutif américain est de réduire la dépendance aux chaînes d’approvisionnement étrangères, notamment en matière de raffinage, aujourd’hui largement contrôlé par un acteur unique dominant plus de 50 % des capacités mondiales. Pour répondre à cet enjeu, l’administration Trump a également recours au Defense Production Act, mobilisé par un décret secondaire le 20 mars 2025, afin de stimuler les investissements dans la production domestique. Ces signaux ont été immédiatement perçus par les industriels. Rio Tinto, par exemple, a confirmé vouloir accroître sa présence aux États-Unis, via le développement de ses projets dans l’Utah et en Arizona. De son côté, Highland Copper, exploitant du projet Copperwood dans le Michigan, voit une validation stratégique de ses choix.
Cette initiative américaine se produit dans un contexte de déséquilibre structurel du marché mondial du cuivre. Les dernières projections de l’Agence internationale de l’énergie font état d’un déficit de 320 000 tonnes pour l’année en cours. La demande est soutenue par la transition énergétique, la généralisation des véhicules électriques, le déploiement de l’intelligence artificielle et les besoins croissants en connectivité
Cette initiative américaine se produit dans un contexte de déséquilibre structurel du marché mondial du cuivre. Les dernières projections de l’Agence internationale de l’énergie font état d’un déficit de 320 000 tonnes pour l’année en cours. La demande est soutenue par la transition énergétique, la généralisation des véhicules électriques, le déploiement de l’intelligence artificielle et les besoins croissants en connectivité